En 1981, le Conseil de l'Europe légifère sur les matières aromatisantes destinées à l'alimentation.
Il les passe en revue, en fixant des taux maxima.
C'est ainsi qu'elle en vient naturellement à la thuyone dont le taux limite
est fixé 35 mg/l pour la catégorie des "amers".
En choisissant ce taux maximum, le Conseil de l'Europe n'a pas songé un instant qu'il venait d'autoriser la production d'absinthes identiques aux anciennes, puisque toutes les analyses réalisées sur des absinthes de toutes époques situent ce taux de thuyone entre 16 et 25%. Comment, à la lumière de ces informations, continuer à croire que l'absinthe fut pendant son heure de gloire un poison bourré de thuyone ?
La vérité est toute autre, simple, pleine de bon sens : l'absinthe était un apéritif de plantes dont la seule nocivité résidait... dans l'alcool, présent jusqu'à 74%, qui déchaîna l'alcoolisme et les terribles maux qui l'accompagnent : délirium tremens, déchéance, ruine.